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Christophe Desportes-Guilloux (CDG)

43 ans
Orléanais d'adoption et militant socialiste

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9 février 2007 5 09 /02 /février /2007 12:00

Nicolas Sarkozy confond le SMIC et la classe moyenne

Nicolas Sarkozy a affirmé le 5 février sur TF1 « que la moitié des salariés est payée au SMIC », ce qui est rigoureusement inexact. Selon les chiffres du Ministère du Travail, la proportion des salariés payés au SMIC est de 16,5% des salariés, c’est-à-dire trois fois moins qu’il ne l’annonce.  

Nicolas Sarkozy tend à assimiler les salariés payés au SMIC (985 € nets par mois) à la classe moyenne, puisqu’il suggère qu’ils représentent 50% des salariés. Cette assertion est tout autant en décalage avec la réalité que l’estimation qu’en fait le ministre du budget lorsqu’il déclare « bien sûr, à 4.000 euros par mois, on fait partie de la classe moyenne. Aujourd’hui en 2006, un professeur certifié en fin de carrière, ça gagne à peu près 4.100 euros par mois. Un informaticien après 10 ans d’expérience, un conducteur de TGV en fin de carrière, un VRP, ça gagne aussi entre 4.000 et 4.200 euros par mois,… ».

Rappelons que les professions concernées ont rappelé le Ministre à la réalité : 

>> un professeur certifié gagne en fin de carrière au maximum un salaire mensuel net de 2.500 euros;  
>> un VRP touche en moyenne 2.000 euros nets par mois ;  
>> un conducteur de TGV en fin de carrière 3.100 euros.   
>> et moi, informaticien pendant 20 ans, je touchais, fin 2006, 2200 euros net au bout de 20 ans !

Cette méconnaissance du monde du travail est d’autant plus étonnante que l’INSEE a publié, dans son enquête sur les revenus fiscaux de 2004 les grandes tendances de la ventilation des revenus (nets d’impôt sur le revenu et prestations sociales incluses) :

>> 90 % des Français ont un revenu de moins de 2.200 € par mois ;
>> 80 % ont moins de 2.000 € par mois ;
>> 50% ont moins de 1.500 € par mois  ;
>> 40% ont moins de 1.400 € par mois.

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9 février 2007 5 09 /02 /février /2007 06:37

Nicolas Sarkozy propose de baisser l'impôt sur les sociétés à 20% d'ici 5 ans pour inciter les entreprises à investir .  

Cette proposition favorisera exclusivement les grands groupes, c’est-à-dire ceux qui n’ont actuellement aucun problème d’autofinancement.    

En effet, les PME bénéficient déjà d’un taux réduit d’impôt sur les sociétés. Instauré par la gauche en 2001, il s’applique aux PME qui réalisent un chiffre d’affaires annuel inférieur à 7.630.000 euros[1]. Ce taux réduit applicable à une fraction du bénéfice (38.120 euros) est de 15 %. La baisse d’un tiers de l’impôt sur les sociétés se ferait donc au principal bénéfice des grands groupes qui, contrairement aux PME, n’ont pas ou peu de soucis d’autofinancement. Cette baisse est à la fois :  

>> inutile : les profits des entreprises n’ont jamais été aussi élevés que cette année, à tel point qu’ils sont générateurs d’une rentrée d’impôt sur les sociétés aussi forte qu’imprévue;  
>> contreproductive : l’harmonisation fiscale à l’échelle européenne ne pourra être réalisée que par une démarche commune et non par des baisses unilatérales.

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[1] Et dont le capital entièrement libéré, est détenu aux trois quarts par des personnes physiques. 

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8 février 2007 4 08 /02 /février /2007 21:08

Tant pis pour les sarkozystes orléanais lecteurs de ce blog, voici quelques articles qui éclaireront le discours du ministre-candidat. Avec Sarko, le mensonge devient programme; rarement on s'est autant moqué des français !

Nicolas Sarkozy propose « de baisser de quatre points le taux des prélèvements obligatoires »

En 2002, le candidat Chirac et ses porte-parole, dont Nicolas Sarkozy, promettaient de « baisser les prélèvements obligatoires ».

On sait ce qu’il est advenu de cette promesse : les prélèvements obligatoires ont augmenté de près d’1 point (0,9 % très exactement, passant de 43,1 % à 44 % du PIB) et peut être bientôt d’1,5 point si l’on s’en tient aux chiffres communiqués par le gouvernement sur l’évolution des recettes fiscales.

Cette augmentation de la pression fiscale n’est pas imputable aux décisions des collectivités locales (dont les prélèvements pèsent 5,7% du PIB en 2006, contre 15% à l’Etat et 21,22% à la sécurité sociale) : selon les chiffres publiés par le gouvernement[1], la hausse des prélèvements obligatoires enregistrée en 2005 est imputable pour un tiers seulement aux collectivités (+ 0,3 point de prélèvements obligatoires).

Ce calcul ne tient pas compte des transferts de charge non compensés. Se fondant sur les travaux du « bilan financier de la décentralisation », le gouvernement[2] a dû accorder une « rallonge » de 500 millions/an jusqu’en 2008[3]. Selon le rapport remis début février par « Dexia Crédit Local », les collectivités locales ont très faiblement augmenté les taux de leurs taxes (0,9%), ce qui relève de l’exploit au vu du manque à gagner induit par le plafonnement de la taxe professionnelle (500 millions d’euros, dont 200 pour les seules régions) et du surcroît de dépenses liées à la prise en charge des personnels TOS transférés aux régions et aux départements.

Loin de tirer les enseignements de ses promesses non tenues, le candidat Sarkozy récidive en allant toujours plus loin, toujours plus fort : il promet désormais de faire baisser de 4 points le taux de prélèvements obligatoires (ce qui revient à supprimer 68 milliards d’euros de recettes, c'est-à-dire à peu près le budget du Ministère de l’Education Nationale).  

Après avoir indiqué que cette baisse serait effective en 2012, Nicolas Sarkozy s’est empressé de rectifier et de l’annoncer … pour 2017.  

Un tel projet n’est pas crédible. Sa mise en œuvre aboutirait :

>> soit à une réduction drastique des moyens de l’Etat (mais dans ce cas il faut dire où les sacrifices seront demandés) ; 
>> soit à une hausse des déficits et de la dette (rappelons que la dette a augmenté de 300 milliards en 5 ans de gestion UMP !)
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[1] Source : rapport sur les prélèvements obligatoires et leur évolution annexé à la Loi de finances 2007
[2] Présenté par Dominique De Villepin le 9 février devant une délégation de l’Assemblée des départements de France [3] Cf. vote de la Loi de finances rectificative en décembre 2006.

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8 février 2007 4 08 /02 /février /2007 05:58

Le magazine "Alternatives Economiques" lance un appel pour dire son soutien à l'impôt. Je suis favorable à l'impôt comme outil de régulation économique, de redistribution sociale, de mise en oeuvre de la solidarité inter-générationnelle, de développement de la communauté nationale et du co-développement solidaire.

Comme déjà plus de 10000 personnes, j'ai signé cet appel sur le site internet de la revue, et je vous invite à en faire autant, pour refuser les baisses de la fiscalité "dont la contrepartie serait l'insuffisance des moyens donnés à la protection sociale des plus pauvres, à l'éducation, à la recherche, à la santé, au logement, ou encore à l'environnement".

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5 février 2007 1 05 /02 /février /2007 06:28

Qui a dit en 1994 : "Mussolini a été le plus grand homme d'Etat du 20ème siècle." ?

Qui a dit plus tard que le règne de Mussolini "fut un chapitre honteux de l'histoire" du peuple italien ?

Le même : Gianfranco Fini, ancien membre du "Front de la Jeunesse", formation d'extrême-droite, puis secrétaire national du Mouvement Social Italien, parti fasciste, puis d'Alliance nationale, dont le logo vous rappellera sans doute quelque chose...

Mais, n'ayez pas peur, vous le voyez bien dans ses déclarations : cet homme a changé !

Et comme il a changé, il préface, en Italie, "Testimonianza", la version italienne du chef-d'oeuvre de Nicolas Sarkozy. Entre hommes qui changent, ils se sont compris !

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2 février 2007 5 02 /02 /février /2007 15:26

Il n'y a pas que moi qui le dit. Et pas que France 3 Centre non plus.

Le Monde, dans son édition d'hier, publie un reportage sur divers débats participatifs, dont celui de St Jean de la Ruelle, mardi soir dernier (cliquez ci-dessous pour lire l'article) 

Apparemment, après les médias locaux, les journaux nationaux se sont aussi aperçus que pendant le "trou d'air" des militants et des sympathisants réfléchissaient et débattaient. Ils ne manqueraient plus qu'ils publient les synthèses de nos débats (visibles sur www.ps45.org) !

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2 février 2007 5 02 /02 /février /2007 11:08

Deux jours avant l'excellent article du Matin, le Nouvel Observateur publiait, dans son édition du 25 janvier, un article sur le même thème

Comment Sarko met la presse sous pression

Tantôt charmeur, tantôt menaçant, le président de l’UMP est un expert en relations médiatiques. Depuis des mois, il sature colonnes et écrans. Décryptage.

Et soudain, c’est comme si la Terre s’arrêtait de tourner. Avant, pendant et après il n’y a plus que lui. Son sacre, le 14 janvier porte de Versailles, son score, son émotion, son discours. Pendant cinq jours, Nicolas Sarkozy a régné sans partage sur les médias. Le jour J, "le Journal du dimanche" titrait même: "Tout commence aujourd’hui". Sans autre explication. Si ce n’est pas la gloire, cela y ressemble. Couvertures de presse à profusion, retransmission intégrale du couronnement sur les chaînes d’info, invitation au 20-heures de TF1… Et ces accréditations de journalistes, délivrées jusqu’au matin même: plus de 800, dont la moitié d’étrangers. Même ceux qui ne sont pas directement en charge d’une rubrique politique ont voulu assister à l’événement. Et, de l’autre côté du poste, le spectacle, soigneusement réalisé par les caméras de l’UMP, dont les plans sur la larme de Micheline Chaban-Delmas ou le profil d’Edouard Balladur ont été repris sans sourciller par toutes les chaînes…

Sarko président? Pas encore. Mais Sarko empereur du microcosme médiatique, c’est déjà fait. Pourtant l’intéressé ne cesse de râler contre le mauvais traitement qui lui est infligé. Il serine que "les trois quarts des médias sont contre [lui]". Il se souvient, avec rancune, de toutes les unes qui ne l’ont pas encensé… Les dix couvertures que "le Point" lui a consacrées en vingt mois (contre quatre à Ségolène Royal) ou ce Sarkozy en majesté à la une de "Paris Match" – "Un destin en marche" – ne lui suffisent pas. Ou bien est-ce là une simple rouerie pour vaincre les dernières résistances? Côté télé, Jean-Claude Dassier, le patron de LCI, ne cache pas à ses équipes qu’il rêve de voir Sarkozy élu président. France 2, avec un "Sarkothon" ("A vous de juger", pour le vrai titre) de près de trois heures, remporte le pompon. Programmé juste avant que les règles du CSA empêchent de donner autant de temps à un seul! Déjà, après les émeutes en banlieue de 2005, Sarkozy avait eu droit à une spéciale mettant en scène des contradicteurs qui ne risquaient pas de le mettre en difficulté.

Mais les exemples sont rarement aussi flagrants, et on n’a pas encore trouvé la méthode pour calculer le niveau de sarkozysation des médias. Simplement, une succession d’indices troublants finit par camper un paysage. Fin septembre, 220 policiers font une descente dans la cité des Tarterêts. Ils arrêtent 12 personnes suspectées d’avoir violemment tabassé deux CRS. Ce spectacle, orchestré sous l’œil des caméras, ouvre tous les journaux télévisés. Trois jours plus tard, le "guet-apens" invoqué au début est récusé par les enquêteurs et 7 des 12 personnes arrêtées sont disculpées. France 3 traitera l’épilogue en grand, Jean-Pierre Pernaut, sur TF1, l’expédiera en huit secondes chrono, PPDA attendra… sept jours, l’occasion d’une autre descente, pour l’évoquer. En sous-estimant le phénomène Ségolène, de nombreux médias ont aussi – en creux – favorisé son concurrent. Le directeur de la rédaction de la Tribune – un journal qui appartient au milliardaire Bernard Arnault, proche de Sarkozy – a ainsi fait sauter un sondage qui avait le tort de placer la candidate socialiste en tête pour "résoudre les problèmes économiques et sociaux de la France".

Tous les journalistes ne sont pas sous le charme – et le "problème Sarko" est une question sensible dans pas mal de rédactions: journée de grève à "Paris Match", motion de censure à la Tribune, tracts syndicaux dans les chaînes publiques. Seulement, Sarkozy a organisé son omniprésence, il sature volontairement l’espace médiatique. Quand ce n’est pas le ministre de l’Intérieur qui fait l’actualité, c’est le président de l’UMP ou le candidat à la présidentielle. Le jour où un supporter du PSG est mort, la première réaction, à TF1, a été: "Encore du Sarko! On ne passe pas d’extrait !" Finalement, son propos était carré et percutant, l’extrait a été diffusé. "Il répond aux questions, il dit ce qu’il pense être vrai, il ne donne pas d’impression de langue de bois. Il est très agréable à interviewer parce qu’il est très réactif", décrypte Laurence Ferrari. "Sarkozy, c’est le client parfait. Aux yeux du rédacteur en chef, il occupe le créneau formidable de la sécurité. Et le journaliste est sûr qu’il trouvera le temps de lui accorder une bonne interview dont il pourra tirer un bon extrait", dit Gérard Leclerc, ancien chef du service politique de France 2. En retour, Sarkozy n’a pas affaire à des ingrats. "Quoi qu’il fasse, on envoie qui il faut", dit un journaliste d’Europe 1. "On surcouvre sous de faux prétextes, répond en écho France 2, on envoie des caméras sans discernement, dans l’espoir d’une petite phrase, d’un dérapage." Lors de la présentation d’un rapport sur la police, en présence de Sarko, deux services avaient chacun envoyé une équipe… alors que ce type d’info est inexploitable à la télé.

Sarkozy a compris que cette profession travaille dans l’urgence. "Deux ou trois types, autour de lui, peuvent parler en son nom. Notamment son chargé de communication, Franck Louvrier, qui rappelle tout de suite", poursuit Leclerc. Et, délicate attention, depuis la rentrée la maison UMP offre aux télévisions les images des meetings filmés sous les meilleurs angles, comme il y a quinze jours lors de la grand-messe de la porte de Versailles. "Notre envoyé sur place est seul juge de leur utilisation, explique Paul Nahon, directeur de la rédaction de France 3. Mais pour les petites chaînes qui n’ont pas nos moyens, c’est très tentant." Last but not least, le produit Sarkozy est un formidable dopeur d’audience.

Bien sûr, certains, en ménageant un futur président potentiel, jouent le coup d’après. D’autant que Sarkozy est doté d’une surmémoire: les faits peuvent dater, il vous les resservira sans relâche. Dans la hiérarchie des représailles, il y a d’abord cette manière de prendre publiquement les gens à partie. Lorsque, devant un parterre d’HEC, le directeur de la rédaction de Challenges, Vincent Beaufils, l’interroge, il le cueille sur un numéro paru neuf mois plus tôt: "Challenges, vous avez dit? C’est ce journal qui a fait cette célèbre couverture: “Pourquoi Sarko fait-il peur?” Eh bien, vous ne manquez pas de courage de m’affronter comme cela!" La salle ricane. En octobre dernier, sur les ondes de France-Inter, il lance dès le début de son interview au journaliste Nicolas Demorand, qui pilote depuis peu la tranche matinale: "Ah, ben, vous êtes aussi bon journaliste qu’on me l’a dit, alors! – C'est-à-dire? – Vous êtes le contraire de cette journaliste russe, courageuse, qui voyait tout [Anna Politkovskaïa venait d’être assassinée]. Donc vous ne voyez rien…" Fin novembre, il a même asséné gratuitement une leçon de journalisme à Patrick Poivre d’Arvor sur le plateau du 20-heures: "J’ai regardé le Journal de TF1 où vous avez interviewé – c’est un grand mot! – Mme Royal, et l’art avec lequel elle n’a répondu à aucune de vos questions."

Il y a plus violent. Lui et les siens savent faire planer une forme d’intimidation, voire de menace. En riant… bien sûr. Recevant la rédaction du Parisien, le premier flic de France interpelle ainsi l’auteur d’articles sur ses déboires conjugaux: "Moi aussi, je sais des choses sur votre vie privée…" Il insiste: "Moi aussi, je pourrais en dire, des trucs…" Et il y a l’autre version, glaciale celle-là, expérimentée par notre confrère de l’Obs, Hervé Algalarrondo, sur qui Sarkozy a par deux fois pointé publiquement un index vengeur: "Je ne l’oublierai pas! Je ne l’oublierai pas!" Quoi donc? Le numéro titré "Sarko secret", qui lui avait déplu.

Le 1er mars dernier, il vient au "Grand Journal". Canal+ le voit débarquer "blême et fou de rage", selon un témoin, harponner Rodolphe Belmer, directeur général, et lui asséner un "coup de boule psychologique". Tout, à Canal+, l’énerve: "les Guignols", "7 Jours au Groland", "la Matinale", Ardisson… Ce jour-là, c’est une micro-phrase de Michel Denisot dans le Parisien qui l’a mis en rage. L’animateur prend ses distances avec son invité: "J’avais fait un livre avec lui […]. Il n’est plus vraiment le même, et je n’ai pas gardé de relation." Il faut préciser que Sarkozy avait instrumentalisé sa venue au "Grand Journal". Il avait " dealé ", sans y associer Canal+, une couverture de TV Magazine (5 millions d’exemplaires!) en imposant sa mise en scène. La chaîne avait résisté puis, face au chantage, plié. Avec cette impression diffuse que s’il se retrouve à l’Elysée tout cela pourrait se payer. Alors, parfois, certaines rédactions prennent les devants. Pour ne pas avoir relayé son interview sur le droit de vote des immigrés, un rédacteur en chef de LCI a été convoqué par sa direction.

Avant l’été, sur TF1 et LCI, Sarko était à toutes les sauces. Mais depuis la rentrée cette sarkomania s’est atténuée. "Bien sûr, ce genre de choses ne se discute pas en conférence de rédaction, note une fine mouche du groupe, mais on saisit que la ligne éditoriale a été infléchie, à de subtils indices: ouverture du Journal, hiérarchie des sujets, traitement…" Parce que le CSA, qui institue l’équité du traitement entre les candidats, veille. Et aussi parce que les incertitudes du scrutin incitent la chaîne à la prudence. "TF1 ne sera pas sarkozyste comme elle a été balladurienne en 1995, confie l’un de ses membres, cela nous a trop poursuivis." Autrement dit, ne faisons pas trop de zèle, c’est ainsi qu’on servira le mieux les intérêts du groupe, mais aussi ceux de Sarkozy. Les dirigeants traquent tout ce qui les fait passer pour "Télé-Sarko ". "Dans un sketch des Guignols, Sarko désignait la tour de TF1 d’un “Et là, c’est ma chaîne de télé.” On a reçu, les uns ou les autres, des coups de fil de TF1, note un cadre de Canal+. Pourtant ils se font souvent étriller et, d’habitude, ne réagissent pas." Selon un sondage TNS-Sofres, TF1 est perçue par 37% des Français comme la plus orientée à droite. Du coup, elle fait attention. Les chiffres l’attestent. En décembre, selon le CSA, France 2 a consacré plus de temps à Sarkozy que TF1 (1 heure 19 minutes 57 secondes contre 19 minutes 25 secondes). Plus édifiant encore, les statistiques de l’INA de janvier à novembre. Là, surprise, Sarkozy a été 50% plus présent aux 20-heures de France 2 qu’à ceux de TF1 ou de France 3 (100 "passages" quelle qu’en soit la forme, contre respectivement 64 et 58 sur les chaînes concurrentes).

En fait, Nicolas Sarkozy a conçu un système de tenaille inédit et diablement efficace. Au sommet des principaux médias, il compte nombre d’amis intimes dans le club des propriétaires: Martin Bouygues (TF1, LCI), Bernard Arnault (la Tribune, Radio-Classique), Arnaud Lagardère (Europe 1, Paris Match, le Journal du dimanche, plusieurs quotidiens régionaux)… Quand on dit "ami intime ", ce ne sont pas que des mots. En 2004, Sarkozy dénoue les problèmes d’héritage d’Arnaud Lagardère, et ce dernier désigne publiquement son bienfaiteur comme "un frère". Il l’a prouvé en licenciant Alain Genestar: le directeur de la rédaction de "Paris Match" avait publié en une la photo de Cécilia Sarkozy avec son amant, sans prévenir son patron. Lagardère a justifié officiellement la sanction par une baisse des ventes, mais "off the record" il expliquait depuis des mois que la confiance était irrémédiablement rompue entre Genestar et lui. Le fait est donc là: un grand patron de média a pris le risque d’abîmer son fonds de commerce – si l’on admet que l’indépendance est un actif important – pour complaire à Nicolas Sarkozy. Les rédacteurs en chef de ses autres journaux savent quelle peut être la sanction s’ils s’en prennent eux aussi au candidat…

Au sommet des rédactions, aussi, Sarkozy a son réseau: les vacances au Pyla sont des occasions de fréquenter en privé Jean-Claude Dassier (LCI), dont le fils est d’ailleurs le conseiller internet de l’UMP. Ou encore le voisin d’Arcachon, Nicolas Beytout, directeur du Figaro. Jean-Marie Colombani (le Monde) est aussi un ami, si l’on en croit son ancien adjoint Edwy Plenel, qui relate ainsi un rendez-vous à trois : "J’en suis ressorti avec le sentiment d’avoir été un intrus(1). " Et comme la vie est bien faite, l’Agence France Presse est dirigée par Pierre Louette, ancien conseiller de Balladur, dont Sarkozy était lui-même ministre. Louette jure n’avoir pas eu un seul contact avec le ministre – ou ses proches – depuis son arrivée à l’Agence il y a trois ans, mais sa présence suffit à rassurer la Place-Beauvau. Toutes ces "relations" n’obligent mécaniquement pas les rédactions à faire du pro-Sarko, mais disons qu’elles ne leur facilitent pas leur travail, surtout quand Sarkozy lance à un journaliste: "Tiens, j’ai dîné avec ton patron, hier."

Cette porosité avec les décideurs s’accompagne d’une incroyable intimité avec la base. Avec lui, c’est tutoiement imposé, main sur le bras, tape sur l’épaule. Il n’a jamais négligé les sans-grade. Lesquels, au fil des années, sont montés dans les hiérarchies… Il applique ce qu’il théorisait, en 1995 et sous pseudonyme, dans un feuilleton estival publié par le quotidien les Echos : "Privilégiez les [journalistes] les plus jeunes et les moins titrés […], vous les formerez à votre main et vous bénéficierez d’un réseau qui vous sera acquis."  La toile tissée par le président de l’UMP, du haut jusqu’au bas de la hiérarchie – et c’est inédit à ce degré – l’amène à ignorer délibérément la séparation des pouvoirs. Déjeunant avec la rédaction du "Parisien", il lance à l’ex-directeur, Christian de Villeneuve: "Toi, Christian, t’es un mec de droite, tu peux adhérer à l’UMP." Sourire crispé de l’intéressé. De la proximité à l’ingérence, il n’y a qu’un pas... Il est intervenu pour sauver (en vain) "le Vrai Journal" de Karl Zéro sur Canal+. On l’a vu aussi se lancer publiquement, lors d’une conférence de presse à Bercy, dans une fort inhabituelle protestation d’amitié envers Gérard Leclerc (France 2), qui venait d’être placardisé. Venant d’un ministre éminent, cela revient à se mêler d’une affaire interne de la chaîne publique... Mais pourquoi se gênerait-il? Il s’est même trouvé un Jean-Pierre Elkabbach, patron d’Europe 1, pour le consulter sur le recrutement d’un journaliste politique. Décidément, la règle d’airain édictée voici bien longtemps par Hubert Beuve-Méry garde toute son actualité: "Un journaliste doit être proche de ses sources et distant à la fois."

Véronique Groussard et Claude Soula
 
Notes: (1) Lettre adressée à "Marianne" le 18 mars 2006.

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1 février 2007 4 01 /02 /février /2007 17:41

Il faut parfois expliquer, ré-expliquer. Alors je vous propose le petit reportage qu'a fait France 3 Centre à St Jean de la Ruelle ce mardi 30 janvier. Ce soir là, 200 personnes participaient au 5ème débat organisé par le comité départemental de campagne, qui regroupe le Parti Socialiste, le Parti Radical de Gauche, le Mouvement Républiain et Citoyen, et Désirs d'Avenir, sur le thème de "la lutte contre toutes les formes de violence, et la sécurité durable". Pour ceux qui n'ont pas encore compris la démarche de Ségolène Royal, 3 minutes de télé ! 


France3-1920-310107
Vidéo envoyée par desportes
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1 février 2007 4 01 /02 /février /2007 06:45

Ce sont les journalistes qui vont être contents : je reproduis ici l'excellent article de Ian Hamel publié dans "Le Matin", quotidien suisse, dont les références ont été communiquées ici par Miguel (merci à lui !). Je n'ai même pas besoin de commenter...

Mainmise sur la presse tricolore
 
LIAISON DANGEREUSE Depuis 2002, Nicolas Sarkozy a placé des hommes à lui dans presque toutes les rédactions parisiennes, dans la presse écrite comme dans la presse audiovisuelle
 
PARIS - IAN HAMEL
27 janvier 2007 
  
Les Français ne connaissent pas la société audiovisuelle ETC (Etudes, techniques et communication). Pourtant, ils ne cessent de voir ses productions à la télévision. C'est cette entreprise, appartenant à l'UMP, le parti de Nicolas Sarkozy, qui filme le candidat Nicolas Sarkozy et qui ensuite vend (ou plus souvent donne) ses reportages aux chaînes de télévision françaises. «Le plus grave, ce n'est pas que Sarkozy organise ses propres reportages, mais que les télévisions acceptent ce procédé car il leur fait économiser de l'argent», proteste un journaliste parisien sous couvert d'anonymat.

Pourquoi se gêner? La société ETC jouit d'une excellente réputation professionnelle, elle offre des images parfaitement maîtrisées, avec des caméras face à la tribune, sur les côtés, et survolant la foule. Nicolas Sarkozy a même organisé le retour de Cécilia, son épouse, au domicile conjugal. Son photographe a pris soin de prendre les clichés à distance afin de faire croire qu'il s'agissait de photos volées par un paparazzi... Rien d'étonnant à cela. Comme le rappelle Frédéric Charpier dans son livre «Nicolas Sarkozy. Enquête sur un homme de pouvoir» (1), l'actuel ministre de l'Intérieur avait imaginé un temps devenir journaliste.

Les journalistes au pain sec
Maire de Neuilly, dans la région parisienne, et président des Hauts-de-Seine, le département le plus riche de France, Nicolas Sarkozy courtise de longue date les patrons de presse, qui sont souvent ses administrés, comme autrefois Robert Hersant, propriétaire du Figaro et de 30% de la presse française, et aujourd'hui Martin Bouygues, le patron de TF1, dont le journal télévisé est regardé par 8 millions de personnes. «Il est non seulement l'ami des patrons de presse, mais il est aussi l'ami des rédacteurs en chef et des chefs des services politiques qu'il appelle tout le temps au téléphone. Sarkozy s'est aussi constitué une cour de sans-grade qui espionnent pour lui à l'intérieur des rédactions, recevant en compensation des informations exclusives ou des promesses de promotion», raconte un enquêteur connu de la presse parisienne.

Le climat est devenu tellement étouffant que ce journaliste demande non seulement que son nom n'apparaisse pas, mais que son journal ne soit pas mentionné non plus. «Je suis contraint de me méfier de mes propres collègues», déplore-t-il. Ministre de l'Intérieur, à la tête de deux services secrets, la DST et les Renseignements généraux (RG), Nicolas Sarkozy est un homme tout-puissant. Alors que ses «amis» journalistes sont abreuvés de scoops sur la délinquance ou sur le terrorisme, les autres rédacteurs se retrouvent au pain sec: les policiers ne leur parlent plus. Pire, ils découvrent que les Renseignements généraux ne font pas seulement des enquêtes sur les collaborateurs de Ségolène Royal, la candidate socialiste, comme Bruno Rebelle, ancien directeur de Greenpeace. Mais qu'à l'occasion, ils s'intéressent aussi à la vie privée des rédacteurs un peu trop à gauche. «Un proche de Sarkozy vous appelle au téléphone et lâche le nom de votre maîtresse, menaçant de le faire savoir à votre épouse si vous ne devenez pas davantage conciliant avec le candidat de l'UMP», s'étrangle un journaliste du Figaro. Un proche de Sarkozy que Karl Laské, journaliste à Libération appelle carrément «le lanceur de boules puantes».

Le livre à charge intitulé «Nicolas Sarkozy ou le destin de Brutus» (2), écrit par plusieurs journalistes parisiens sous le pseudonyme de Victor Noir, s'est vendu à plus de 25 000 exemplaires. Il est réédité en livre de poche.

Sarkozy propulse les ventes
«On montre du doigt le magazine Le Point pour ses 10 couvertures consacrées à Nicolas Sarkozy ces derniers mois. Le problème, c'est que ces 10 couvertures ont bien vendu. Les journalistes qui ne sont pas sarkozystes ne peuvent pas reprocher ce choix journalistique à leur direction», souligne François Malye, président de la Société des rédacteurs du Point.

(1) Frédéric Charpier, «Nicolas Sarkozy. Enquête sur un homme de pouvoir», Editions Presses de la Cité, 304 pages

(2) Victor Noir, «Nicolas Sarkozy ou le destin de Brutus», Editions Denoël, 306 pages 

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31 janvier 2007 3 31 /01 /janvier /2007 05:15

L'action du candidat de l'UMP à la Présidence de la République, en tant que ministre de l'Intérieur, vire au scandale absolu : Il ne sert plus l'Etat, il se sert de l'Etat... à temps plein !

Il y avait eu l'enquête des Renseignements Généraux sur un membre de l'équipe de Ségolène Royal, il y a eu, on le découvre ce matin dans le Canard Enchainé, dès novembre 2006, une enquête des RG sur le patrimoine Hollande-Royal ! Vu les résultats, on peut craindre que les enquêteurs des RG aient quelque peu perdu la main...

C'est maintenant au tour de la police scientifique d'enquêter, test ADN à l'appui, sur le voleur du scooter du fils Sarkozy. Une bonne mesure, à condition qu'elle soit généralisée à tout les vols de scooter.

Au fait, ça me rappelle qu'on n'a pas encore arrêté ceux qui sont venus, à 3 reprises en une semaine, visiter ma voiture, dans mon garage, et qui l'ont transformée en oeuvre de César. Si un de mes lecteurs a ses entrées place Beauvau, qu'il me contacte... Je suis prêt à subir un prélèvement d'ADN pour prouver que je ne suis pas le fils Sarkozy.

Doit-on en rire ? Doit-on se révolter ? En tout cas, dans 4 mois, il sera trop tard pour pleurer !

Louis XIV disait "l'Etat c'est moi". Bienvenue dans l'Etat de Sarko-le-petit !

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