
La chasse aux étrangers, la nécessité de faire du chiffre, pour plaire à sa Sarkozerie entrainent les représentants de l'Etat à prendre des décisions très graves, et condamnées.
Dans le Loiret, les gendarmes ont arrêté une famille moldave en situation irrégulière. Cette famille avait trouvé refuge dans un vestiaire du stade de St Brisson, près de Gien. Ils les ont conduits au centre de rétention de St Jacques de la Lande, près de Rennes. Le préfet a demandé une prolongation de leur rétention afin de pouvoir les expulser mais le juge des libertés et de la détention la lui a refusée.
Appel du Parquet, appel rejeté par la Cour d'Appel.
Les raisons du rejet sont claires... et dramatiques pour l'idée que l'on doit avoir de l'humanité de notre administration :
"Le fait de maintenir dans un tel lieu une jeune mère de famille, son mari et leur bébé âgé de trois semaines, constitue un traitement inhumain au sens de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme en raison, d'une part, des conditions de vie anormale imposée à ce très jeune enfant, quasiment dès sa naissance, et d'autre part, de la grande souffrance morale et psychologique, infligée à la mère et au père par cet enfermement avec le nourrisson, souffrance qui est manifestement disproportionnée au but poursuivi, c'est à dire la reconduite à la frontière." Pour ceux qui ne le savent pas, la Moldavie est le pays le plus pauvre de l'Europe. L'Etat y assure un salaire minimum de 28€ par mois. Amnesty International ne considère pas la Moldavie comme un Etat de droit, et y relève de nombreuses violations des droits de l'homme.
Avons-nous besoin que notre Etat, dont le représentant local est le Préfet, agisse ainsi ?
Que signifie le fait que la Justice condamne pour
"traitement inhumain" les autorités de l'Etat ?
Que devient notre Etat ?
De quoi avons-nous peur face à deux jeune parents et un bébé de trois semaines ?