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A 41 ans, pour la première fois de ma vie, j'ai honte du pays où j'habite.
Samedi soir j'étais à St Jean de Braye, avec ces familles que l'on balotte d'hôtel en hôtel, 3 jours ici, 5 jours là. Comme du bétail.
Lundi, je rencontrais ce jeune congolais de 20 ans, réfugié depuis 4 ans, mais qui depuis quelques semaines a été "invité à quitter le territoire".
A-t-il été pris en défaut d'intégration ? Non !
A-t-il commis le moindre délit ? Non !
Il est simplement né ailleurs. Dans un pays où la guerre civile sévit depuis des années, après 40 années de pouvoir autoritaire. D'ailleurs, son père bénéficie lui, officiellement du statut de réfugié.
Ah oui, j'oubliais : bien que sans logement fixe, il a suivi des cours pour se remettre à un niveau scolaire correct. Bien qu'hébergé de manière très précaire, il a suivi les cours d'un lycée, et il a obtenu son baccalauréat professionnel.
Un centre de formation d'apprentis est même prêt à l'inscrire pour qu'il obtienne un BTS.
Mais il n'est pas né ici. L'Etat ne veut pas de lui. Le ministre ne veut pas de lui.
Hier, et demain, nous faisons venir des américains pour jouer au basket.
Tant mieux pour eux, je les accueillerai avec toute la chaleur dont je suis capable.
Mais pourquoi, alors, ces africains, ces tchétchènes, ces asiatiques sont ils jetés dehors ? Alors que chez eux ils risquent leur vie.
Voila, lundi, j'avais honte du pays où j'habite. Mais je résisterai.
photo CDG "jeu de l'oie du collectif de st jean de braye"