Inévitablement, c'est le titre de cette chanson de Jean Ferrat qui m'est revenu en tête. Notez bien qu'ils font tout pour susciter de tels souvenirs :
Il y a quelques semaines, le "père évêque" invitait à une réunion pour parler "politique du sport", dans une salle municipale, avec tout ce qu'il faut de réprésentants de la mairie. Mes connaissances religieuses sont suffisamment larges pour ne pas avoir oublié que Jésus de Nazareth a marché sur l'eau et qu'il est entré à Jérusalem à dos d'âne. De là à ce que le patron des catholiques aient vocation à parler de politique sportive, il n'y avait qu'un Rubicon à franchir. C'est fait.
Cette fois-ci, c'est avec le Centre Communal d'Action Sociale (CCAS) que le chef départemental de l'église catholique invite à une réunion sur le thème de la solidarité, à la maison des associations. L'ordre du jour en est clair : on présentera le CCAS et le Comité Diocésain de la Solidarité, puis on parlera de la politique municipale dans ce domaine, et l'Evêque en tirera des conclusions, dont on nous dit déjà que ce sont des points forts.
Bon, que les catholiques parlent de solidarité, ça me semble plutôt naturel. Que cela soit une étape supplémentaire dans l'approbation de la politique municipale, cela me surprend un peu.
Mais bon, il fut un temps où l'église était, dans son ensemble, soit d'une ardente neutralité politique, soit du côté des plus faibles. Il semble qu'au moins localement, son patron ait fait un autre choix : celui de défendre le bilan municipal. C'est une façon comme une autre d'oublier la laïcité des pouvoirs républicains.
Je ne suis pas sûr que cela plaira à tous les catholiques... en tout cas ça n'a pas l'air de plaire à ceux que je connais. Il ne manquerait plus qu'ils congédient leur évêque, ou qu'ils ne le réélisent pas...
La chanson de Ferrat se fait entêtante...
Comme cul et chemise comme larrons en foire
J'ai vu se constituer tant d'associations
Mais il n'en reste qu'une au travers de l'histoire
Qui ait su nous donner toute satisfaction
Le sabre et le goupillon
L'un brandissant le glaive et l'autre le ciboire
Les peuples n'avaient plus à s'poser de questions
Et quand ils s'en posaient c'était déjà trop tard
On se sert aussi bien pour tondre le mouton
Du sabre que du goupillon
Mais il en reste quelques uns pour s'poser des questions !